Sauter en parachute pour le clip de Tryo

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Il y a un peu plus d’un an, je recevais un email pour le moins inhabituel. Julien, réalisateur, m’explique qu’il va tourner le prochain clip de Tryo, La Demoiselle. Et s’il me contacte aujourd’hui, c’est pour que j’incarne cette demoiselle a l’écran, dont l’histoire lui rappelle la mienne. Il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir fait ce rapprochement : à la sortie de l’album, plusieurs d’entre vous m’ont demandé si cette chanson avait été écrite pour moi, si je connaissais personnellement les membres du groupe. Si les similitudes sont nombreuses, sachez que non, je ne suis pas à l’origine de la chanson. Les différences : je n’ai pas de tatouage et mon handicap, s’il est dû à un accident, c’est un accident de génétique.

Julien m’explique la trame du clip : une bande d’amis vadrouille en van et va se faire un petit saut en parachute. Normal.
Sauter en parachute. J’y avais déjà pensé, on me l’avait suggéré et j’avais toujours refusé. J’aime voler en parapente. Me retrouver perchée dans le ciel, suspendue à une voile, tenue par deux bouts de ficelles. C’est grisant. Léger. Doux.

Voler en parapente vs sauter en parachute

Dans les deux sports, on se retrouve perché dans le ciel me direz-vous. Mais il y a une différence de taille pour moi : il y a un cas où il faut sauter d’un avion ! D’ailleurs, quelqu’un d’autre que moi s’est demandé comment un type en est venu à imaginer ça ! Bref, si j’aime prendre l’avion, je me voyais mal en sauter par la porte. Autre point important, j’avais peur d’avoir mal, de manquer d’air durant le saut. Comme j’ai deux longues tiges dans le dos, bon nombre de position ou de choc peuvent rapidement me blesser. Après avoir parlé avec Pierre, chef du club des Abeilles où le saut était prévu, j’étais assez rassurée pour dire oui. Après tout, c’était l’occasion ou jamais d’oser.

Direction le tournage

Quelques jours plus tard, j’embarquais avec moi mon pote Corentin qui serait également figurant dans le clip. Chance pour moi : il avait déjà sauté en parachute plusieurs fois et serait apte à me rassurer le moment venu (merci !) Arrivée sur les lieux, rencontre avec l’équipe, signature de la décharge de responsabilité pour le saut, transmission du certificat médical, signature de mon contrat d’intermittente, premières directives, et… Silence ! Ça tourne !

tournage clip la demoiselle Tryo

Mes impressions sur le saut en parachute

Le tournage en lui même s’est très bien passé, dans la joie et la bonne humeur de vivre cette petite aventure ensemble. C’était amusant, nouveau et parfois exigeant de se retrouver derrière la caméra, en tant que premier rôle de surcroit.

Quant au saut en lui même, je n’ai pas eu le temps de réfléchir. Installée sur les genoux de Pierre le zèbre (et chef du club) durant le vol, je n’ai eu qu’à écouter ses instructions. Autant vous dire que le saut approchant, la caméra fut vite oubliée pour être remplacée par un mélange d’excitation et de frousse ! On s’est glissés vers la porte latérale de l’avion, et une fois le feu passé au vert, le zèbre a plongé, m’emportant avec lui. Je fus prise de stupeur par ce qui était en train de se passer. Je me souviendrai toujours du signal d’alerte que mon cerveau m’envoya au bout de quelques secondes : il faut que tu respires ! L’étonnement était tel que j’en avais le souffle coupé. Littéralement. Comme je l’avais pressenti, sauter d’un avion en plein vol est tout sauf normal ! Mais la vue sur Étretat en contrebas était vraiment belle. Et si en parapente je flotte assise, là c’est mon corps entier, allongé, qui était en apesanteur, sans douleur. Le parachute s’ouvrit, sans que mon dos n’en ressente le choc. Pourtant, à voir comment mes jambes remontent d’elles-mêmes à l’image, on penserait le contraire. À partir de ce moment là, les sensations m’étaient familières, elles ressemblaient à celles du parapente. Tout allait bien.

Je suis heureuse d’avoir vécu cette aventure et d’avoir sauté le pas ! Malgré tout, mon premier amour va au parapente. Je ne suis pas certaine de ressauter un jour en parachute. Mais comme dit l’adage : ne jamais dire jamais !

Mes conseils pour sauter en parachute

.Faire un état des lieux honnête sur sa santé. D’abord avec soi-même, puis avec son médecin. Si vous êtes cardiaque, c’est vivement déconseillé. Votre médecin doit de toute façon donner son accord et fournir une attestation à remettre au club, club qui vous fera également remplir un questionnaire. On ne plaisante pas avec sa santé et la sécurité.
.Prendre contact avec un ou plusieurs clubs. C’est le moment d’exposer votre désir de sauter en parachute, de poser des questions, de savoir s’ils ont déjà fait sauter des personnes dans une situation similaire à la vôtre. Il faut tâter le terrain et voir si cela vous convient.
.Le jour J il vous faudra : des chaussures fermées (type baskets) et avoir des vêtements qui tiennent chaud à mettre sous la combinaison (polaire, cache-cou). Si vous craignez les sifflements dans vos oreilles (comme moi), prévoyez des bouchons et un bandeau. Et si vous n’avez pas beaucoup de force dans vos jambes (comme moi again), elles peuvent être attachées ensemble au niveau des genoux. Ça évite qu’elles partent dans tous les sens.
N’oubliez pas votre GoPro si vous en avez une, même si les clubs ont normalement tout ce qu’il faut pour immortaliser vos babines qui, elles aussi, gigoteront dans tous les sens !

Et Tryo dans tout ça ? Ils n’étaient pas présents sur le tournage du clip, mais on les a rencontrés quelques jours plus tard, lors d’un festival. On a ainsi pu diner avec eux, assister à leur concert puis les retrouver dans les loges. Merci à eux, à Julien, Corentin, Pierre et les autres pour ces moments !

TRYO et Roulettes et sac à dos

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