Rencontre avec Florian, tourdumondiste diabétique

Au soleil, entre bières et Breizh Cola, j’ai eu le plaisir de rencontrer Florian. Venant tout juste de rentrer de son tour du monde, vous pensez bien que nos discussions nous ont amenées « ailleurs ». Florian est l’auteur du site internet « Tro ar Bed » (qui signifie « Tour du monde » en breton). En plus de partager ses carnets de voyage, il démontre que voyager avec le diabète est possible ! Voici le portrait d’un voyageur qui devrait en inspirer plus d’un !

Tu viens de rentrer d’un tour du monde de 333 jours. Qu’est-ce qui t’as poussé à partir ?

J’avais cette envie depuis quelques années. L’envie de découvrir le monde. Je voulais le faire d’une manière grande. C’est pourquoi j’ai décidé de voyager pendant 11 mois.
Quand on voyage de cette manière, notre état d’esprit change vraiment au fil de l’aventure. On a plus de temps, on oublie que l’on a une date de retour, donc on est plus libre, et on apprécie plus.

Guayaquil, Equateur.

Qu’est-ce que tu retiens de cette aventure ?

En 333 jours, j’ai visité 17 pays. J’ai fait tellement de choses.
Depuis mon retour, je me rends vraiment compte de l’intensité avec laquelle j’ai vécu cette dernière année.
J’ai dormi dans la forêt Amazonienne, j’ai nagé avec des lions de mer en Patagonie et dans les cenotes au Mexique, fait de la plongée au Mexique et en Thaïlande. J’ai fait du parapente en Colombie, visité New York en période de Noël, expérimenté l’hiver Canadien, me suis promené dans la vallée de Katmandou ou au bout du monde, au cap de bonne Espérance, etc.
Cette aventure m’a changé. Le regard que je porte sur les choses est différent désormais.
Est-ce que, avec le recul, tu aurais fait des choses différemment ?

Non, je ne pense pas. Il y a forcément des choses que j’ai moins apprécié que d’autres. Mais il me fallait les voir pour le savoir, et pour mieux apprécier le reste ! Cela fait parti d’un voyage de 11 mois.

Parc Huascaran, Pérou.

Tu voyages en étant diabétique. Il y a t-il une grosse différence entre une vie sur la route et une vie sédentaire avec cette maladie ?

En France, il est aisé de se procurer de l’insuline, et les soins sont pris en charge.
En voyage, selon les pays, on ne trouve pas forcément d’insuline. Il faut donc anticiper son approvisionnement.
Aussi, j’ai souscrit a une assurance me permettant d’être remboursé comme je l’aurais été en France.
Une fois que l’on a avec soit tout ce dont on a besoin, j’ai trouvé qu’il n’y avait pas de grandes différences. Ce sont les mêmes réflexes qu’au quotidien.

Est-ce que tu as des recommandations ou peut-être des astuces pour des diabétiques sur le départ ?

Il faut s’attendre, dans certains pays, à aller dans plusieurs pharmacies avant de trouver de l’insuline.
Il faut anticiper son approvisionnement et donc privilégier les grandes villes et les pays les plus développés.
Il peut être utile de laisser chez un proche de l’insuline que celui ci peut nous poster quelque part, en cas de soucis approvisionnement.

Que dirais-tu à celles et ceux qui n’osent pas partir à cause du diabète ?

Il est normal d’avoir des craintes quant à la gestion d’une maladie chronique hors du contexte habituel dans lequel on a l’habitude de la gérer.
Je conseillerais de commencer par des voyages de courte durée, dans des pays où l’on est sur de trouver ce dont on a besoin en cas de problèmes. Alors, une personne diabétique pourra s’habituer à gérer son diabète hors de chez lui, et peu à peu, aller plus loin, plus longtemps !
Je pense qu’un bon moral est très important dans la gestion du diabète.
Une fois que vous serez parti, libre comme l’air, et que vous vous rendrez compte que la maladie n’est pas parvenue à vous freiner dans vos projets, alors, vous vous sentirez bien et cela pourrait se ressentir sur votre diabète.
Quand on est jeune, on s’imagine tel Robinson Crusoé, ou comme un aventurier parcourant le globe, puis on se dit qu’avec le diabète, on ne pourra jamais faire ça !
J’ai voyagé 11 mois en me faisant 4 injections d’insuline par jour, et tout va bien !

Le mot de la fin ?

Si l’idée d’un voyage de ce type vous à traversé l’esprit, n’hésitez plus et foncez ! Vous ne le regretterez pas !
Cela fait 2 mois que je suis revenu, et le retour à une vie sédentaire chez moi m’est toujours compliqué aujourd’hui. J’aimerais repartir. Je vais penser à de nouveaux projets, de nouveaux défis désormais.
Je pense que quand on a goûté à une aventure de ce type, on y revient forcément très vite !

Alors, bon vent et Beaj vat ! (Bon voyage)

Machu Picchu, Pérou.

Laisser un commentaire

3 commentaire(s)
  1. SYLVIE10/09/2015

    J'adore ce genre de témoignage qui ne peut que donner espoir et confiance à tous ceux qui sont dans le doute et qui n'osent pas ! Le tout, c'est effectivement d'oser, et bravo à ceux qui franchissent le pas. Merci pour cette interview très sympa, c'est une bien belle histoire comme on aimerait en lire souvent !

    répondre
    1. Audrey14/09/2015

      Merci Sylvie pour ton message ! Je suis d'accord avec toi : c'est un très beau témoignage que nous offre Florian :)

      répondre
  2. helene01/09/2016

    Merci bcp pour ton témoignage, je suis diabetique et je pars en indo et en thailande dans 5 jours :)

    répondre

Rédiger votre commentaire